Rétention des employés au Canada : pourquoi les talents partent et comment les retenir
Dernière mise à jour 21 août 2026

Points clés à retenir
- La perte d'un seul employé coûte aux entreprises canadiennes environ 30 674 $ en moyenne, et 15 % des entreprises évaluent cette dépense à plus de 100 000 $.
- Le salaire permet d'attirer les candidats, mais 85 % des employés affirment qu'ils quitteraient une entreprise qui ne priorise pas véritablement le bien-être; le salaire seul ne suffit donc pas à maintenir une équipe unie.
- Une action simple pour commencer ce trimestre : évaluez vos salaires par rapport au marché, puis menez des entrevues de maintien en poste (stay interviews) avec vos meilleurs éléments avant qu'ils ne réservent leurs entrevues de départ.
Quelque part dans votre entreprise en ce moment même, un employé performant met à jour son curriculum vitae pendant sa pause dîner. Il n'en a parlé à personne. Il assiste toujours aux réunions quotidiennes. Mais la décision est déjà à moitié prise, et au moment où vous vous en apercevez, la discussion autour d'une contre-offre change rarement la donne.
Ce départ silencieux coûte cher. Le coût moyen de la perte d'un employé au Canada s'élève à environ 30 674 $, et 15 % des entreprises déclarent qu'un seul départ leur coûte plus de 100 000 $ une fois pris en compte le recrutement, la période d'adaptation, la perte de connaissances et les projets qui stagnaient pendant que le poste reste vacant.
La rétention des employés est l'indicateur silencieux qui détermine quelle part de votre année est consacrée à construire plutôt qu'à remplacer. Ce qui est encourageant, c'est que la rétention du personnel n'a rien d'un mystère. Les gens partent généralement pour des raisons qu'ils vous expliqueront volontiers, à condition de leur poser la question avant de faire circuler la carte d'adieu. Ce guide détaille ce que mesure réellement la rétention, les motifs de départ et un plan d'action concret à mettre en œuvre dès ce trimestre.
Qu'est-ce que la rétention des employés?
La rétention des employés désigne la capacité d'une organisation à conserver le personnel qu'elle embauche, mesurée au fil du temps. Son pendant naturel est le taux de roulement (turnover), qui est le chiffre réellement suivi. Le calcul en soi est simple :
Taux de roulement = (nombre de départs au cours d'une période ÷ effectif moyen au cours de cette période) × 100
Si 12 personnes ont quitté l'entreprise l'an dernier et que votre effectif moyen était de 150 personnes, votre taux de roulement était de 8 %.
Le chiffre global constitue un point de départ, mais deux nuances le rendent vraiment utile. Il convient de suivre chacune d'elles séparément.
Les deux types de roulement : volontaire et involontaire
Il existe deux types de roulement de personnel, et chacun révèle une réalité très différente. Le roulement volontaire concerne les employés qui choisissent de partir. Le roulement involontaire désigne les personnes dont vous vous séparez. Le roulement volontaire constitue le véritable signal de rétention, car il reflète les choix de votre équipe quant à sa volonté de rester. Le roulement involontaire relève généralement du recrutement ou de la gestion de la performance; amalgamer les deux masque le chiffre le plus critique.
Le roulement lors de la première année : un signal d'alarme distinct
Il est tout aussi essentiel de suivre le roulement au cours de la première année de manière distincte. Si les nouvelles recrues quittent l'entreprise dans les douze premiers mois, le problème réside probablement dans l'intégration (onboarding) ou la gestion des attentes plutôt que dans la culture à long terme. Aucun sondage d'engagement ne le fera ressortir s'il est noyé dans le taux global. Un taux élevé la première année signifie habituellement que les personnes arrivent dans un poste qui ne correspond pas à ce qu'on leur avait vendu.
Quel est un bon taux de roulement?
À titre contextuel, le taux de roulement volontaire au Canada s'établissait à environ 11,9 % en 2024, en baisse par rapport à 15,5 % l'année précédente. Il n'existe pas de chiffre « idéal » universel, car un centre d'appels à fort volume et une équipe d'ingénierie spécialisée évoluent dans des réalités différentes. Cependant, si votre taux se situe nettement au-dessus de la norme de votre secteur, la cause est généralement interne : charge de travail, gestionnaires ou rémunération ayant pris du retard par rapport au marché.
Pourquoi la rétention des employés est-elle si importante?
La rétention importe parce que le roulement représente l'un des postes budgétaires les plus coûteux qui figurent rarement au budget. Au-delà du coût moyen de remplacement d'environ 30 674 $, chaque départ érode la mémoire institutionnelle, alourdit la charge de travail de ceux qui restent et ralentit les projets qui dépendent de la continuité. Une équipe soumise à un roulement perpétuel ne trouve jamais son plein rythme, car elle dépense son énergie à former de nouvelles recrues plutôt qu'à bâtir. À l'inverse, une forte rétention produit un effet cumulatif : les employés expérimentés gagnent en efficacité, les relations avec les clients s'approfondissent et vos meilleurs éléments deviennent la raison pour laquelle les autres veulent rester.
Le salaire est-il le moteur de la rétention des employés?
Avant de consulter les présentations sur la culture d'entreprise, il vaut la peine d'examiner les données brutes. Lorsqu'on a demandé aux employeurs canadiens pourquoi les employés démissionnaient, la première raison invoquée était une meilleure rémunération et de meilleurs avantages sociaux ailleurs, citée dans 37 % des cas. Plus d'un tiers des départs, selon les dires mêmes des travailleurs, s'expliquent par l'argent. L'argument salarial est donc bien réel : évaluez vos rémunérations avec honnêteté, payez équitablement et acceptez que vous perdrez tout de même certains employés au profit d'offres plus élevées. Si vos salaires se situent 15 % sous le marché, aucun avantage accessoire ne modifiera le calcul qu'un employé sous-payé fait chaque jour de paie. Le salaire est le droit d'entrée. Quant à savoir s'il raconte toute l'histoire, c'est une autre question à laquelle la même étude répond.
L'Écart de rétention : le salaire décroche l'offre, les conditions déterminent la durée
Considérez le second constat de ces données sur le roulement. Alors que 37 % des départs sont attribués à un meilleur salaire, un autre 25 % s'explique par l'augmentation des exigences au travail. Pour ce second groupe, le déclencheur était le travail lui-même : des charges de travail qui s'étaient alourdies progressivement, trimestre après trimestre.
C'est ce qu'on peut appeler l'Écart de rétention. Le salaire détermine si une personne accepte votre offre. Les conditions quotidiennes déterminent combien de temps elle reste. La lettre d'offre est un événement ponctuel. La charge de travail, le gestionnaire, les notifications Slack à 21 h, l'impression constante d'avoir trois échéances de retard : ce sont des événements quotidiens, et les événements quotidiens s'accumulent.
Abordé sous cet angle, le bien-être devient un calcul de rétention. L'épuisement professionnel et une charge de travail insoutenable sont des facteurs déterminants de maintien ou de départ, et l'on ne peut compenser un problème d'épuisement par une augmentation salariale. Une hausse de 10 % peut acheter quelques mois de tolérance chez un employé épuisé, mais elle ne guérit pas l'épuisement. Le rapport Return on Wellbeing 2026 de Wellhub, mené auprès de 1 515 leaders RH dans 10 pays, révèle que 85 % des employés quitteraient une entreprise qui ne priorise pas véritablement le bien-être, et 86 % considèrent le bien-être aussi important que le salaire. Mettez ces deux chiffres en parallèle et l'Écart de rétention devient concret : les employés évaluent désormais la qualité de leur quotidien professionnel autant que leur rémunération.
Imaginez deux employés bénéficiant de la même échelle salariale. Daniel dispose d'une charge de travail gérable, d'un gestionnaire qui protège son temps de concentration et d'un avantage de bien-être qu'il utilise réellement le mardi soir. Marcus cumule les tâches de deux postes non comblés, dîne à son bureau en s'excusant dans trois canaux de discussion et a ouvert son portail d'avantages sociaux pour la dernière fois pour vérifier si la thérapie était couverte. Lorsqu'un recruteur les contactera la semaine prochaine, il n'est pas difficile de deviner quelle conversation dépassera le stade des salutations.
Pourquoi les gens partent et ce qui les retient
La plupart des départs découlent d'un ensemble de causes bien connues. Voici à quoi elles ressemblent au quotidien, accompagnées d'une réponse pratique pour chacune :
| Pourquoi les gens partent | À quoi cela ressemble | Que faire à ce sujet |
| Charge de travail écrasante | Heures supplémentaires chroniques, vacances non prises, « services rapides » devenant des tâches permanentes | Auditer les charges de travail chaque trimestre, réembaucher rapidement et traiter les heures supplémentaires soutenues comme un déficit d'effectif plutôt que comme de la dévotion |
| Salaire sous le marché | Nouvelles recrues mieux payées que le personnel d'expérience, augmentations inférieures à l'inflation | Évaluer les salaires chaque année par rapport aux données du marché canadien et corriger les écarts avant que les employés ne les découvrent |
| Absence de perspectives d'avancement | Trois ans dans le même poste, promotions survenant uniquement lors d'une démission | Publier des échelons de carrière clairs et revoir la progression à chaque cycle d'évaluation de la performance |
| Intégration négligée | Nouvelles recrues sans équipement le premier jour, sans parrain/marraine, sans vision claire du succès | Établir un plan structuré sur 90 jours avec des points de suivi à 30, 60 et 90 jours |
Comment améliorer la rétention des employés
La rétention se résout rarement par une mesure unique. Considérez les tactiques suivantes comme un répertoire d'options classées selon leur impact habituel, afin de cibler les faiblesses spécifiques de votre organisation :
- Évaluez d'abord la rémunération. Il est difficile de favoriser la rétention sur une base salariale inadéquate, car les employés sous-payés perçoivent souvent tout autre avantage comme une distraction. Consulter les données salariales canadiennes actuelles pour vos postes clés ce mois-ci et combler les écarts les plus marqués avant votre prochain cycle d'évaluation permet de traiter discrètement la première raison de départ, sans attendre qu'une démission ne vienne confirmer le problème.
- Allégez la charge de travail qui provoque les départs silencieux. Le surmenage est la fuite que les augmentations salariales ont tendance à masquer. Puisqu'un quart du roulement découle de l'augmentation des exigences, il est utile de repérer les membres de l'équipe sous haute pression depuis plus d'un trimestre, puis de redistribuer la charge, de pourvoir le poste ou d'abandonner un projet à faible valeur ajoutée. Renoncer à un projet est généralement surmontable; votre feuille de route tiendra le coup.
- Rendez le soutien au bien-être concret et utilisé. Un document PDF sur les avantages sociaux que personne n'ouvre ne retient personne. Proposer aux gens des options de bien-être adaptées à leur vie réelle, puis mesurer l'utilisation comme pour tout autre investissement, c'est là que le rendement se manifeste. Parmi les organisations participant à l'étude Return on Wellbeing 2026, 75 % de celles utilisant Wellhub ont constaté une amélioration de la santé mentale de leurs employés, contre 59 % de celles ne l'utilisant pas. L'adoption est l'indicateur clé à surveiller. Annoncer les programmes, les incarner au sein de la direction et éliminer les obstacles entre l'employé et sa première utilisation sont autant de leviers pour faire progresser ce chiffre.
- Offrez un parcours de croissance visible. Les personnes ambitieuses quittent souvent l'entreprise lorsque l'échelon suivant est invisible, car un recruteur leur dessinera volontiers une échelle que vous ne leur avez jamais montrée. Définir par écrit les critères de promotion pour chaque poste, les partager ouvertement et faire de la question « quelle est votre prochaine étape ici? » un sujet récurrent lors des rencontres individuelles permet de transformer une discussion d'urgence sur une contre-offre en un plan élaboré ensemble des mois plus tôt.
- Investissez dans vos gestionnaires. On quitte souvent un gestionnaire plutôt qu'une entreprise; la qualité de la gestion constitue donc l'un de vos plus forts leviers. Il est bénéfique d'offrir aux gestionnaires une structure simple et constante : un rythme régulier de rencontres individuelles, l'autorisation de protéger le temps de concentration de leur équipe et une formation pour repérer une personne en surchauffe avant que la situation ne se transforme en démission. Un gestionnaire qui remarque l'accumulation de la charge de travail à la troisième semaine vous évite l'entrevue de départ au neuvième mois.
- Favorisez la flexibilité lorsque le poste le permet. Pour de nombreux employés canadiens, les modalités et le lieu de travail rivalisent désormais avec le salaire parmi les facteurs de maintien en poste. Lorsque le poste le permet réellement, offrir des formules hybrides ou flexibles et préciser clairement quels postes peuvent ou ne peuvent pas s'y prêter élimine un motif de recherche ailleurs. L'objectif n'est pas une politique uniforme, mais une approche équitable, transparente et digne de confiance.
- Offrez de la reconnaissance fréquemment et sur le coup. Les employés restent généralement là où leur travail est reconnu. La reconnaissance n'a pas besoin d'être coûteuse pour être significative; un témoignage spécifique et opportun du type « cela a fait une différence, et voici pourquoi » venant d'un gestionnaire a souvent plus d'impact qu'un prix annuel. Intégrer une reconnaissance simple et sincère dans le rythme quotidien de votre équipe, plutôt que de la réserver aux évaluations annuelles, constitue un moyen économique de valoriser vos collaborateurs.
- Menez des entrevues de maintien en poste pendant qu'il est encore temps d'agir. Une entrevue de maintien en poste (stay interview) est une conversation structurée avec un employé en poste portant sur les raisons qui le poussent à rester, ce qui pourrait le tenter de partir et ce qui améliorerait son travail, menée pendant que vous pouvez encore agir sur les réponses. Les entrevues de départ vous apprennent ce qui a déjà échoué; les entrevues de maintien en poste vous donnent l'occasion de corriger le tir à temps. Un excellent point de départ consiste à consacrer trente minutes à chacun de vos meilleurs éléments ce trimestre, autour de trois questions : qu'est-ce qui vous retient ici, qu'est-ce qui vous frustre le plus et qu'est-ce qui vous ferait répondre au coup de fil d'un recruteur? La phase que la plupart des entreprises négligent est le suivi : prévoyez donc de donner suite à au moins une réponse pour chaque conversation.
Comment retenir vos employés avant de devoir les remplacer
La plupart des problèmes de rétention commencent par un souci plus petit et moins coûteux : une charge de travail non signalée, un écart salarial non corrigé, un avantage non utilisé. Les entreprises qui conservent leurs talents sont généralement celles qui interviennent lorsque le problème est encore de petite taille. Si vous cherchez des moyens de faire du bien-être une véritable raison de rester, échanger avec un spécialiste du bien-être constitue un excellent départ.Amorcez la démarche de bien-être de votre entreprise

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Foire aux questions
Qu'est-ce que la rétention des employés?
La rétention des employés est la capacité d'une entreprise à conserver le personnel qu'elle embauche au fil du temps, généralement mesurée par son inverse, le taux de roulement. Une forte rétention signifie que les gens choisissent de rester et d'évoluer dans l'organisation; une faible rétention se traduit par un réembauchage constant, une perte de connaissances et des coûts de remplacement qui atteignent en moyenne environ 30 674 $ par départ au Canada.
Comment calcule-t-on le taux de roulement?
Divisez le nombre d'employés ayant quitté l'entreprise au cours d'une période par votre effectif moyen pendant cette même période, puis multipliez par 100. Si 12 personnes sont parties et que votre effectif moyen était de 150 personnes, le taux de roulement s'élève à 8 %. Suivez séparément les départs volontaires et involontaires, et observez le roulement de la première année sur sa propre ligne, car les départs précoces révèlent généralement des problèmes d'intégration ou de recrutement. À titre de référence, le taux de roulement volontaire au Canada s'élevait à environ 11,9 % en 2024.
Le salaire améliore-t-il la rétention?
Oui, jusqu'à un certain point. Une rémunération concurrentielle est le droit d'entrée : 37 % des départs sont attribués à un meilleur salaire et à de meilleurs avantages sociaux ailleurs; le sous-paiement entraîne donc inévitablement des départs. Cependant, le salaire seul ne peut compenser l'épuisement professionnel ni des charges de travail insoutenables, et 86 % des employés considèrent le bien-être aussi important que le salaire. Les meilleures stratégies de rétention associent un salaire équitable à des conditions de travail réellement soutenables.
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